XV de France : à Rome, la pression monte pour le sélectionneur Jacques Brunel et ses adjoints

Le groupe français tentera samedi (à partir de 13 h 30) de se rassurer un minimum contre l’Italie, en clôture de ce Tournoi des six nations, et à six mois du Mondial.

Adrien Pécout Publikováno dnes v 09h36, aktualizováno na 09h44

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Jacques Brunel à Dublin lors de la défaite française contre l’Irlande, le 10 mars.
Jacques Brunel à Dublin lors de la défaite française contre l’Irlande, le 10 mars. CLODAGH KILCOYNE / REUTERS

C’est un exemple savoureux, une histoire de restauration. Une demi-année à peine après sa retraite sportive, Julien Bonnaire avait un souci en tête : la gestion de son bistrot, à Bourgoin. Depuis la mi-janvier 2018, l’ancien joueur de Lyon se retrouve finalement à d’autres fourneaux : sans même qu’il ait envisagé de passer un diplôme d’entraîneur, le quadragénaire exerce le métier d’entraîneur adjoint du XV de France – chargé en particulier de la touche.

Tout cela pour rappeler l’impréparation générale autour de Jacques Brunel (sélectionneur) et ses adjoints : outre Bonnaire, citons Sébastien Bruno (responsable des avants), Jean-Baptiste Elissalde (celui des arrières). Tous ont enfilé leur survêtement avec pour consigne de faire mieux que l’équipe précédente, celle de Guy Novès, dont le licenciement se poursuit aujourd’hui aux prud’hommes.

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Raté, pour l’instant. Leur bilan comptable dessine une triste courbe, avant d’affronter l’Italie à Rome, samedi 16 mars (à partir de 13 h 30), en clôture de ce Tournoi des six nations : seulement quatre victoires en quinze matchs depuis un an. Soit très exactement 27 % de matchs gagnés, pour les statisticiens. C’est très peu. Pis encore que sous Guy Novès (33 % entre 2016 et 2017), Philippe Saint-André (40 % entre 2012 et 2015) ou Marc Lièvremont (62 % entre 2008 et 2011).

« Ca fait 31 ans que j’entraîne, je ne me suis jamais posé la question de savoir si dans trois ou six mois je ne serais plus là, ou si on me demandera de passer la main », répond à présent Brunel conférence de presse d’avant-match, refusant de songer en public à un éventuel départ en cours de route. A 65 ans, l’homme est bon camarade. S’il se retrouve dans pareille panade, c’est pour rendre service à Bernard Laporte, dont il a été l’adjoint lorsque l’actuel président de la Fédération française de rugby (FFR) officiait comme sélectionneur du XV de France (1999-2007).

L’épisode Guirado

Malgré son expérience, et au-delà de choix sportifs discutables, le sexagénaire semble aussi disposé à quelques compromissions avec sa hiérarchie. Selon le quotidien sportif L'Equipe, c’est sur les conseils appuyés du vice-président de la FFR, Serge Simon, que le sélectionneur a, en effet, demandé à Guilhem Guirado de renoncer au capitanat pour laisser le rôle à Jefferson Poirot. Le second a décliné, préférant se montrer loyal envers le premier. L’épisode s’est produit entre deux débâcles : celle en Angleterre, en février, et celle en Irlande, un mois plus tard.

Jeudi, en conférence de presse, l’entraîneur n’a pas démenti la manœuvre. « Après l’Angleterre, on a parlé de remise en cause du staff, de remise en cause du jeu, des entraînements, des relations avec les entraîneurs et du capitanat », a-t-il déclaré. Tout en affirmant que finalement Guirado, qu’il avait déjà entraîné à Perpignan (2007-2011), resterait bien capitaine jusqu’à la prochaine Coupe du monde au Japon, du 20 septembre au 2 novembre. « Pour moi, ce sujet-là est clos. »

Reste un autre débat. Qui, à terme, pour remplacer Brunel ? A l’origine, la FFR avait annoncé sa nomination en urgence jusqu’à la Coupe du monde 2019. Mais c’était là encore une approximation, à en croire Bernard Laporte : après coup, à l’automne 2018, le président de la « fédé » a expliqué sur RMC que le contrat de son entraîneur avait pour terme juin 2020.

Dans une vie antérieure, ce même Brunel a aussi entraîné l’Italie. Et même battu la France de Picamoles, Fofana ou Huget (alors déjà le terrain), à Rome, un jour de mars 2013.

Adrien Pécout

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